2016

Têtu

 

Enquête : les gays ont-ils un gros problème avec les gros ?

Sur les applis de rencontre, les “Pas de gros, pas de folles, pas d'asiat” font légion. D’où vient cette aversion pour les minorités au sein de la communauté gay ?

Une histoire de la grossophobie

Dans son livre Les métamorphoses du gras. Histoire de l'obésité, Georges Vigarello analysait notre rapport aux corps gros. Si le gras a longtemps été signe de richesse - les anatomies massives étaient appréciées au Moyen-âge –  il n’est plus que dépréciation, signe d’abandon ou de grossièreté depuis le XVIIe siècle. Avec l’essor du développement économique du monde moderne, l’enveloppement est venu s’opposer à une certaine exigence d'efficacité du corps, un désir de jouissance à l’opposé du capitalisme. La cellulite révèle aussi la sédentarité des villes devenues ouvrières. Étymologiquement et historiquement, la cellulite est apparentée au sexuel et au féminin. Cette haine du gras semble donc entretenue par une haine du féminin dans la société. Elle pose en tout cas la question de notre regard sur les corps gros, qui varie selon les sujets. Par exemple la chair des corps noirs, de la Vénus Hottentote à Nicki Minaj, est plus souvent socialement valorisée. Un reste de notre histoire coloniale, fantasme oscillant entre désirs sexuel et maternel de corps exotisés ?

Du rejet dans les minorités

Depuis toujours les rondeurs ont leurs adeptes, leurs fiers représentants, leurs idoles, mais depuis longtemps aussi beaucoup de haters. Qu’en est-il donc dans la communauté gay ? La remise en question des normes permet-elle aux gros de mieux s’assumer ou l'acceptation y est-elle à l’image de la société toute entière ?
Sur les réseaux de rencontres, une étude a démontré qu’un tiers des gays avaient été victimes de discriminations liées au poids, même lorsqu’ils n’étaient pas considérés comme en surpoids par les normes officielles. De même qu’un homo bien en chair dans un bar serait davantage ignoré, moqué ou traité avec rudesse qu’un hétéro de la même corpulence.
Club, salle de sport, réseaux sociaux, bars : les occasions de subir du « body shaming » (ou attaque sur le physique) ne manquent pas. L’injonction à maigrir est assez forte. Qu’elle soit chez les femmes (lesbiennes ou non), les hétéros ou les gays.

Continue to read here.

Previous
Previous

TEDx TALKS

Next
Next

Le Devoir